Traditionnellement, le tatouage était réservé aux classes supérieures. Cette pratique était liée au désir de renforcer son attrait sexuel, à l'exaltation de la vie, à l'aspiration à devenir des dieux. Hommes et femmes portaient des tatouages sur diverses parties du corps ; la différenciation sociale était soulignée par des signes correspondant à chaque classe sociale, sous le contrôle vigilant des Ari'i (roi) : quand une unité se voyait reconnaître de nouveaux mérites, elle pouvait ajouter de nouveaux tatouages aux précédents. Les femmes étaient moins ornées, mais les dessins étaient plus élégants et mieux exécutés parce qu'ils étaient considérés comme une parure. En revanche les hommes avaient souvent tout le corps couvert de tatouages. Seul le visage était respecté, à l'exception de quelques guerriers ou prêtres qui portaient parfois un emblème particulier sur le front et sur les lèvres. Les chefs de tribu exhibaient une incroyable variété de motifs. Ceux-ci évoquaient une grande entreprise guerrière ou un événement important. On peut distinguer quatre types de tatouages : les tatouages destinés aux dieux, aux prêtres et aux Ari'i, héréditaires et réservés à leurs descendants ; les tatouages de types Hui Ari'i, Arioi réservés aux chefs (hommes et femmes) ; les tatouages de types Hui To'a, Hui Ra'atira, Iato'ai, pour les chefs de guerre, les guerriers, les danseurs, les rameurs, etc.; enfin le type manahune (peuple), pour les personnes sans généalogie ou sans ascendance héréditaire notable